Sur les traces du musée Guimet de Lyon

Vous connaissez sans doute le musée national des arts asiatiques Guimet à Paris, mais saviez-vous que la ville de Lyon avait aussi eu son musée Guimet ? Cette semaine, on vous propose d’enquêter pour savoir ce que sont devenues les collections du musée Guimet de Lyon.

La vie bien remplie d’Emile Guimet …

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Emile Guimet (1836-1917) est un industriel lyonnais, notamment célèbre pour le pigment bleu qu’il produisait : le bleu Guimet. Mais si Guimet est connu aujourd’hui c’est surtout en tant que collectionneur. Amateur d’art, il pratiquait la céramique, la peinture et la musique. Il a même écrit un opéra sur un thème chinois : Taï-Tsoung ! Il effectue également de nombreux voyages, d’abord en Egypte, puis entre 1876 et 1876, il fait le tour du monde.

Au cours de ses voyages, il collecte différents objets qu’il considère esthétiques : égyptiens, chinois ou encore japonais … Il est fasciné par tout ce qui a trait aux différentes religions. Dès son retour en France, il souhaite alors ouvrir un musée qui permettrait de montrer la diversité des religions existantes à travers le monde. C’est en 1879 qu’il ouvre à Lyon son musée des religions.

Ci-contre : Emile Guimet, photographie, 1895, domaine public.

Déménagement à Paris

A la fin du XIXème siècle, l’étude comparée des religions est un sujet très récent. Ce nouveau musée est alors relativement mal accueilli dans la ville de Lyon, très catholique. De plus, Guimet n’est pas satisfait par ce premier musée qui ne correspond pas à ses attentes. Il décide alors de le fermer et de faire don de ses collections à l’Etat.

Heureusement, ce premier échec ne décourage pas Guimet ! Soutenu par l’Etat, il ouvre une nouvelle fois un musée des religions – qu’il finance lui-même et qu’il inaugure en 1889. Celui-ci est installé à Paris, dans le bâtiment qu’occupe encore aujourd’hui le musée Guimet.

Tirage papier ancien (avant 1925) des salles et vitrines d’Asie du musée Guimet de Paris. Image libre de droits.
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Le bâtiment du Musée National des Arts Asiatiques Guimet, place d’Iena à Paris. Crédits photos : Benoït Prieur . Image libre de droits.

Et Lyon alors ?

Le bâtiment du musée lyonnais a finalement été acheté par la métropole pour abriter le Muséum d’histoire naturelle. Le maire de Lyon propose alors à Emile Guimet d’exposer sa collection au sein du bâtiment. Ce dernier accepte et le musée Guimet de Lyon est inauguré en 1913. Guimet y dépose alors une partie de la collection parisienne. Il invite également différents collectionneurs à donner leurs objets au musée lyonnais comme l’ensemble de statuaire thaï de K. Döhring. C’est ainsi que le musée Guimet de Lyon se constitue petit à petit une collection propre.

Emile Guimet devint ainsi directeur jusqu’à sa mort en 1917, non pas d’un, mais de deux musées !


Photographie prise depuis le boulevard des Belges, face à l’entrée principale du Muséum d’Histoire naturelle et du Musée Guimet de Lyon. 1930. Crédits photo : archives départementales du Rhône.

Un bâtiment, quatre musées, quatre fois plus d’Asie

A la mort de Guimet, il n’y a plus aucun conservateur sur place au musée de Lyon. De 1918 à 1978, les collections sont confiées à un gardien-chef. En 1978, les fonds du musée Guimet sont rattachés à ceux du Museum d’Histoire naturelle de Lyon. Mais des objets d’Asie du Sud-Est étaient déjà présents au Museum avant cela, au sein du département d’ethnologie.

Dans le même bâtiment que le Museum sont abritées les collections du musée colonial et du musée de l’œuvre de la propagation de la foi à partir de 1982. Le premier, fondé en 1926, permet de montrer diverses pièces en provenance des différentes colonies françaises. D’autre part, le musée de l’œuvre de la propagation de la foi permet d’exposer tous les objets collectés par les missionnaires français. C’était aussi l’occasion de convaincre les Lyonnais du bien-fondé de la mission de conversion au catholicisme !

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Photographie du musée des Confluences. image libre de droits.

En somme, les collections asiatiques lyonnaises proviennent de quatre musées distincts et ont toutes été rassemblées sous la direction du Museum d’Histoire Naturelle de Lyon. Ce n’est qu’à partir des années 2000 que les quatre collections ont définitivement fusionné pour constituer le fonds asiatique du musée des Confluences, inauguré en 2014. Celui-ci se compose aujourd’hui de 12 000 objets ! Ce fonds, méconnu, relève autant de l’art que de l’ethnologie et nous vous proposerons de le découvrir plus amplement dans un prochain article.

Pour aller plus loin :

  • Sur le musée des Confluences et sa collection asiatique.
  • Sur la vie d’Emile Guimet.
  • Deirdre Emmons, « Les collections asiatiques du musée des Confluences », in Laureillard Marie, Patin Cléa (dir.) A la croisée des collections d’art entre Asie et Occident du XIXème siècle à nos jours, Lyon : Hémisphères Editions, 2019,pp. 126-138.

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