Un enterrement à Shanghai : l’hommage de Yan Pei-Ming à Courbet au musée d’Orsay

À l’occasion du bicentenaire de la mort de Courbet, le peintre d’origine shanghaienne Yan Pei-Ming rend hommage au maître du réalisme à travers une série de trois œuvres monumentales exposées au musée d’Orsay. À voir jusqu’au 12 janvier 2020.

Vue de l’atelier de Yan Pei-Ming, de gauche à droite : Montagne céleste, Ma Mère, l’Adieu. Dijon, 2019, Photographie : Clérin Morin, © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019

Un double hommage

Intitulée Un enterrement à Shanghai, cette commande du musée d’Orsay à Yan Pei-Ming se compose de trois polyptyques monumentaux : Montagne céleste, Ma Mère, l’Adieu. Outre le bicentenaire de la naissance de Courbet en juin 2019, le point de départ de la réflexion du peintre est le décès de sa mère, survenu au début du projet. Cette commande prend également tout son sens quand on sait que lors de son arrivée à Paris, Yan Pei-Ming vient au musée du Louvre étudier les œuvres de Courbet.

Un enterrement à Shanghai (L’Adieu), Musée d’Orsay, Paris, 2019. Photographie : Clérin Morin
© Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019

Yan Pei-Ming s’inspire de l’œuvre de Courbet Un enterrement à Ornans (ci-dessous), qui représente un enterrement dans sa ville natale, pour rendre hommage tant au peintre qu’à sa mère. Il reprend les codes du maître du réalisme : le format identique au millimètre près, les personnages peints presque grandeur nature qu’il associe à son style fait de larges coups de brosse et de tonalités de blanc, gris et noir.

Gustave Courbet (1819-1877), Un enterrement à Ornans, dit aussi Tableau de figures humaines, historique d’un enterrement à Ornans, entre 1849 et 1850, Huile sur toile, Musée d’Orsay. Crédit: Camille Despré

Dans L’Adieu, tout comme Courbet avant lui, Yan Pei-Ming traite cet évènement du quotidien – la perte d’un proche – dans un format hors norme, lui conférant un caractère de peinture d’histoire. Il réalise également un portrait monumental de sa mère – Ma Mère – dans des dimensions comparables aux portraits officiels des dirigeants de la République Populaire de Chine, lui donnant ainsi un statut d‘icône. Enfin, la troisième œuvre, un triptyque intitulé Montagne Céleste, évoque, dans un style tirant vers l’abstraction, un paysage mystique et fantasmé, semblable à un lieu idéal dans lequel la mère de l’artiste repose.

Vue de l’atelier de Yan Pei-Ming, de gauche à droite : Montagne céleste, Ma Mère. Dijon, 2019. Photographie : Clérin Morin, © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019

Un dialogue entre passé et présent

Cette commande du musée d’Orsay est une manière judicieuse de faire vivre les collections et de donner au visiteur un nouveau regard sur certaines œuvres emblématiques. Ce n’est pas la première fois que Yan Pei-Ming se confronte à des monuments de la peinture occidentale. Déjà en 2009, il avait été invité par le Louvre à rendre hommage à la plus iconique de ses œuvres : la Joconde de Léonard de Vinci pour laquelle il avait inventé ses funérailles. Il proposait alors à l’institution un ensemble de trois polyptyques dont la Joconde, le portrait de son père et un autoportrait.

Portrait de Yan Pei-Ming, ©Photo Marie Clérin

Yan Pei-Ming est un peintre né en Chine vivant entre Paris et Dijon. Ayant grandi pendant la Révolution Culturelle, il arrive en France à l’âge de 19 ans pour étudier aux Beaux-Arts de Dijon. Il se fait remarquer en 2003 lors de sa participation à la Biennale de Venise. Son travail comporte principalement des portraits, peints avec de larges brosses dans des tonalités de noir, blanc et gris. Il s’intéresse aux thématiques du temps qui passe, de la mort, du survivant.

Ainsi dans cette commande, le peintre Yan Pei-Ming nous livre le récit d’un évènement intime – la perte de sa mère – qu’il monumentalise dans la tradition de la peinture d’histoire. Yan Pei-Ming s’approprie les codes du réalisme de Courbet pour rendre un dernier hommage vibrant à sa mère.

En savoir plus :

  • Pour plus d’informations sur l’exposition, c’est ici.
  • « Yan Pei-Ming, de Ornans à Shanghai », France 5, documentaire.
  • L’hommage de Yan Pei-Ming à Courbet continue au Petit Palais avec l’exposition Yan Pei-Ming/Courbet.

Image de couverture : Yan Pei-Ming, Un enterrement à Shanghai (Ma Mère, l’Adieu), 2019. Photographie: Clérin – Morin © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s