Une 3e édition online pour le Printemps Asiatique Paris

Après deux éditions physiques réussies, le Printemps Asiatique Paris lance une 3e édition complètement digitale, afin de s’adapter au contexte actuel. Depuis le 9 juin, les amateurs et collectionneurs d’art asiatiques peuvent découvrir sur la Viewing Room une sélection des plus belles œuvres proposées par les 29 participants – musées, galeries et maisons de ventes aux enchères. Accessible jusqu’au 27 septembre 2020, la Viewing Room proposera trois accrochages successifs renouvelant ainsi le contenu et les objets proposés. Tokonoma vous propose un focus sur ses trois œuvres coup de cœur !

Le dessin sans réserve au Musée des Arts Décoratifs

Katagami (pochoir) de type chûgata, à décor de carpes remontant une cascade.
Japon, ère Meiji (1868-1912), XIXe siècle
Papier, jus de kaki fermenté, fils, laque
Musée des Arts Décoratifs, crédit : MAD-Paris

À l’occasion de l’exposition « Le dessin sans réserve. Collections du musée des Arts Décoratifs » du 23 juin 2020 au 3 janvier 2021, le musée des Arts Décoratifs présente une vingtaine de pochoirs dits katagami. Utilisés pour appliquer une pâte de réserve sur le tissu avant de le teindre, les katagami étaient découpés dans des feuilles de papier impregnées de jus de kaki fermenté dit kakishibu, les rendant ainsi résistantes à l’eau.

Avec la modernisation des techniques de teinture au Japon sous l’ère Meiji (1868-1912), les stocks de katagami devenus inutiles sont vendus et affluent sur le marché européen. À partir des années 1860, les estampes et les recueils de motifs, qui ont permis de découvrir le dessin japonais, deviennent vite inabordables et les katagami sont vite perçus comme une alternative bon marché, offrant une extraordinaire variété de motifs japonais. Musées d’arts appliqués, de textiles, industriels du textile et des papiers peints, artistes, collectionneurs achètent ces pochoirs par dizaines, centaines ou milliers. 

Le motif représenté de la carpe jaillissant des flots ou remontant une cascade symbolise au Japon le courage et la persévérance et est très fréquemment utilisé sur les objets, les textiles, les vêtements. En Occident, il est également une source d’inspiration pour de nombreux artistes japonisants à l’instar d’Emile Gallé (1846-1904) qui reprend ce thème sur un vase réalisé en 1878, et conservé au musée des Arts décoratifs.

Intimité de la vie de cour dans la galerie Cristina Ortega

Peinture sur feuille d’éventail, pigments sur papier avec rehauts d’or, anciennement monté en éventail, Chine, dynastie Qing, 18ème siècle, 23 x 49 cm.

Réalisé dans un style réaliste aux couleurs vives, cet éventail dépeint deux jeunes femmes mélancoliques, dans une attitude songeuse, comme plongées dans une réflexion silencieuse. La scène se déroule dans un intérieur de palais rempli de mobilier luxueux et d’objets raffinés. Ces derniers semblent être de véritables objets impériaux telles les pendules qui, issues de technologies occidentales, appartenaient exclusivement à l’empereur. Ce type d’iconographie s’inscrit dans le genre dit shinü hua 仕女画 qui décrit la vie des femmes de cour, un sujet  retrouvé également en poésie et en peinture depuis la dynastie Tang (618–907). Genre largement en faveur à la cour des Qinq, principalement au XVIIIe siècle, ces peintures sont également des documents visuels et historiques sur les intérieurs de palais. L’immobilité des jeunes femmes en costume mandchou les place au même rang que les précieux objets, illustrant ainsi le privilège de l’empereur d’avoir en sa possession à la fois les femmes les plus délicates et les biens matériels les plus raffinés

Poésie sur fond de paysage bleu blanc chez Sotheby’s

Rare grande potiche inscrite en porcelaine bleu blanc
Dynastie Qing, époque Kangxi, datée 1720

Daté de l’automne de l’année gengzi (1720), ce vase en porcelaine bleu et blanc est intéressant par son décor, composé d’un paysage montagneux sur une face et d’un poème en prose de l’autre. Intitulé L’Histoire du lettré ivre du pavillon 醉翁亭记, ce poème a été écrit par Ouyang Xiu (1007-1072), auteur majeur de la dynastie des Song du Nord (960-1127). Surnommé « le vieil ivrogne« , Ouyang Xiu est célèbre pour sa prose littéraire au style simple et clair, inspirée des textes classiques, fondatrice du « style ancien » dit guwen. Ce nouveau style de prose qu’il impose avec son poème « l’Histoire du lettré ivre du pavillon » devient la référence pour les écrits en prose des lettrés et le reste jusqu’au début du 20e siècle.

Né dans la pauvreté, Ouyang Xiu réussit les concours mandarinaux à 23 ans. Dans ce texte, écrit en 1046 après son exil dans l’Anhui, Ouyang Xiu parle de ses joies personnelles de partager des repas simples et de boire avec des amis, mais surtout il célèbre la beauté de la nature autour de sa hutte.

Pour cette troisième édition et dans ce contexte si particulier, le Printemps Asiatique fait le pari de se digitaliser offrant ainsi aux amateurs une vitrine sur les arts asiatiques riche de contenu et de beaux objets. Rendez-vous en juillet pour le deuxième accrochage !

En savoir plus

Retrouvez toutes les informations sur le site du Printemps Asiatique Paris.

Image de couverture : Utagawa Hiroshige (1797-1858), Oban tate-e, de la série Meisho Edo hyakkei, Cent vues célèbres d’Edo, Tonegawa barabara matsu: pins dispersés, rivière Tone. Signé Hiroshige ga, éditeur Uoya Eikichi, cachet de censeur aratame, 1857. Dim. 36 x 24,8 cm. Lot 189, Tessier Sarrou, vente le 15 juin 2020.


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