La J-Horror : l’horreur sauce Japon

Pyramid Head et deux infirmières. Cosplays de la série Silent Hill. Image libre de droit. Flick / Johnson Wen.

Le registre de l’horreur est universel. Chaque civilisation, chaque pays possède ses propres récits horrifiques qui viennent hanter les nuits et les cauchemars de chacun. Et il existe un sous-genre très connu qui représente parfaitement le Japon : la J-Horror ! Entre horreur et fantastique, la sauce a finalement pris et nous effraie aussi !

Le symbole de la J-Horror : l’onryô

Généralement lorsqu’on parle de J-Horror, on parle automatiquement de cinéma. Il s’agit du média le plus à même de répandre le registre de l’horreur de part le monde. Ce cinéma s’est surtout développé en Occident grâce à la réussite d’une licence bien particulière : celle de Ringu. Plus connue par le remake américain The Ring, l’histoire de base est sensiblement la même : une ambiance oppressante, une histoire sordide et mystérieuse qui plane autour d’une mystérieuse cassette VHS qui tue quiconque la regarde et surtout un monstre que tout le monde connaît et redoute, Sadako (Samara dans le film étasunien). Bien que le contexte soit différent entre les deux versions, l’essence du film est sensiblement la même. Mais ce qui ressort par dessus tout c’est la menace, à savoir l’esprit d’une fillette terrorisante. Cette dernière est en réalité un yurei – un esprit japonais, et plus particulièrement un onryô, une âme vengeresse. C’est ce monstre qui fait l’essence même de la J-Horror, de par sa récurrence et son origine culturelle japonaise.

Katsushika Hokusai, Onryô tiré du Kinsei-Kaidan-Simoyonohoshi. Image libre de droit. Wikimedia Commons

Vivre la J-Horror : la jouer, la regarder ou la lire

Outre le film Ringu ou son remake américain, bien d’autres entrent dans le sous-genre de la J-Horror. En effet, des franchises comme The Eye ou encore The Grudge, exploitent aussi les onryô pour faire peur aux spectateurs. Si la première n’est pas tant connue que ça du grand public, la seconde a fait connaître Kayako, l’esprit vengeur qui hantait déjà le film original Ju-on. Bien qu’il s’agisse d’un remake pour le public occidental, The Grudge a été fait par le créateur du film original, Takashi Shimizu, dont le travail a permis la diffusion de la peur des onryô hors du Japon. Ce monstre a su se faire une place dans le bestiaire de l’horreur au point d’avoir eu droit à deux suites en Occident et environ une dizaine de films au Japon dont l’un d’eux le met en vedette face à Sadako.

Mais la J-Horror ce n’est pas que du cinéma! C’est aussi un genre qui apparaît dans le jeu vidéo et dans le manga! De nombreuses franchises ont su donner vie à un monde vidéo-ludique horrifique sauce Japon. La première qui vient à l’esprit des connaisseurs c’est Silent Hill. Certes, certaines créatures ont plus un aspect démoniaque occidental qu’autre chose mais certains sont clairement des onryô. C’est le cas des fameuses infirmières aussi blanches que la neige. Ces dernières sont parmi les ennemis emblématiques de la série qui permettent de la ranger parmi les J-Horror games les plus adoubés. Mais d’autres séries vidéo-ludiques se plongent pleinement dans ce genre. Si certains pourraient penser à Resident Evil, ce n’est pas la cas. Certes c’est une série d’épouvante mais le style est bien trop occidental dans son bestiaire avec les célèbres zombies. En revanche, ce qui se rapproche plus de la J-Horror traditionnelle serait Forbidden Siren. Bien que les zombies soient présents d’une certaine manière, l’ambiance japonaise et son folklore font ressortir des terreurs propres à la J-Horror.

Cosplayeuses incarnant Mayu et Mio de Project Zero II : Crimson Butterfly. Image libre de droit. Wikimedia Commons / Karakosaurio

Une autre série horrifique qui a su s’imposer en Occident c’est bien Project Zero. Le premier volet prend place dans un manoir et les fantômes sont au cœur de l’aventure. N’ayant pas pu se rendre dans l’Autre Monde, ils restent sur Terre et hantent les vivants jusqu’à les tuer. Les héroïnes, frêles et délicates, doivent donc les conjurer au moyen d’une arme non conventionnelle : la Camera Obscura, un appareil photo spécial. Cette série met vraiment l’accent sur la culture japonaise qui est essentielle à la peur de la J-Horror de part la présence de fantômes typiques du folklore japonais ainsi que d’autres créatures provenant de légendes du pays du Soleil levant.

Du côté des mangas, beaucoup font référence aux onryô ou au folklore japonais mais peu peuvent vraiment être rangés dans la J-Horror. Ces derniers sont souvent assez peu répandus en France mais restent au centre de nombreuses éditions au Japon. La série Another n’en fait pas partie car le récit est bien trop sanglant et les revenants sont traités à l’occidentale. En revanche, des séries comme Psychic Detective Yakumo ou encore Higurashi no naku koro ni répondent plus au critères de la J-Horror. Ces derniers se retrouvent également dans le Ero-guro mais ils sont encore à part. Les fantômes qui viennent hanter ces ouvrages sont de plusieurs sortes. Certains parlent de la Yuki-Onna, la femme des neiges qui tue les hommes en les gelant et en les perdant dans la montagne. D’autres récits s’attardent sur la femme aux longs bras, sur le squelette géant Gashadoruko ou bien encore sur Futakuchi-onna, la femme aux deux bouches. Toutes ces créatures qui terrifient encore les Japonais proviennent pour la plupart de récits bien anciens.

Utagawa Kuniyoshi, Souma no furudairi (相馬の古内裏) aussi connue sous le nom Takiyasha la sorcière et le fantôme du squelette. Image libre de droit. Wikimedia Commons

Mais depuis quelques temps, de nouveaux yurei sont apparus dans les légendes urbaines et on aussi eu droit à leur version manga. Il s’agit par exemple de la Kuchisake-onna, la femme à la bouche fendue, de l’esprit Hanako-san qui hante les toilettes pour filles du troisième étage ou encore de Teke-Teke, l’esprit vengeur d’une femme écrasée par un train. Ces nouveaux esprits et bien d’autres continuent de faire évoluer le folklore horrifique japonais grâce à des auteurs comme Kanako Inuki (La femme défigurée) ou encore Miyuki Etô (La fille des enfers).

La J-Horror continue de fasciner les Japonais et le reste du monde de part l’ambiance bien particulière qu’elle dégage et ce grâce à un folklore horrifique très travaillé. De nombreux films actuels s’intéressent même aux légendes urbaines, ce qui crée de nouveaux monstres emblématiques du genre. La J-Horror n’a pas terminé de nous effrayer !

En savoir plus

Découvrez la vidéo de C’est une autre histoire consacrée aux monstres dans le folklore japonais

Image à la une : Cosplayeuse de The Ring photographiée à la Amazing Arizona Comic Con de 2014. Image libre de droit. Wikimedia Commons / Gage Skidmore.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Amandine dit :

    Bonjour, merci pour cet article !
    Lorsque vous parlez de la femme aux deux bouches, je pense que vous avez fait un amalgame entre Futakuchi-onna (Yōkai avec une bouche derrière la tête) et Kuchisake-onna en écrivant son nom. Si non, je serai intéressé par la source pour en savoir plus !

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    1. Andres Camps dit :

      Bonjour, je vous remercie pour ce commentaire ^^ En effet, j’ai mélangé les deux noms et je vous remercie de me l’avoir fait remarquer. Cela est maintenant corrigé

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