Ghibli : Isao Takahata et les grands oubliés

Locaux du studio Ghibli, Koganei, préfecture de Tokyo. Flickr, photo mise en ligne par Dick Thomas Johnson

Nous avons déjà vu les prémices du studio Ghibli par deux fois. En effet, l’une des figures premières reste Hayao Miyazaki, grand cinéaste connu comme le dieu vivant de l’animation japonaise. C’est grâce à lui que le studio se porte aussi bien, mais n’étant pas immortel, il a dû laisser place à de nouveaux animateurs, pleins de talent, qui nous permettent de continuer à rêver grâce à Ghibli. Par exemple, le fils d’Hayao, Goro Miyazaki, bien que décrié lorsqu’il a produit Les Contes de Terremer a su s’extirper de l’ombre de son père pour nous proposer des films touchants, avec sa propre patte comme La colline aux coquelicots. Mais nous allons voir que le studio Ghibli tel que nous le connaissons aujourd’hui n’est pas seulement l’oeuvre de la famille Miyazaki.

Isao Takahata : le deuxième pilier du studio

« Sans doute Grimault est-il parvenu, plus que tout autre, à marier littérature et animation. Il m’a éveillé à la culture française, et à la sensibilité européenne, dont vous devez trouver des traces dans mes films. »

Citation d’Isao Takahate provenant de « Isao Takahata, monstre sacré », interview disponible sur CitaZine : https://www.citazine.fr/article/isao-takahata-monstre-sacre

Image ci-contre : Isao Takahata au Festival international du film d’animation d’Annecy 2014. Wikimedia Commons, photo de Boungawa

Il ne faut pas oublier que le projet Ghibli n’a pu voir le jour que grâce à la participation de quatre personnes. Les premiers sont Miyazaki et sa future femme, ensuite nous avons Toshio Suzuki, l’ancien président et actuel réalisateur en chef de chez Ghibli, et bien évidemment Isao Takahata, co-fondateur, ami d’Hayao Miyazaki et amateur de productions européennes comme Le Roi et l’Oiseau. Ils se sont rencontrés à la Toei, le studio derrière Dragon Ball, et ont donc pu commencer à développer leur propre univers avec des productions comme Heidi, cela avant de fonder Ghibli. Connu au départ pour Kié, la petite peste, Isao Takahata s’est pour la première fois illustré lors de son adaptation en film d’animation du Tombeau des lucioles. Ce film résume à lui seul le travail du réalisateur qui alliait littérature et animation avec brio.

Takahata adore critiquer la société humaine et ses travers. Il a commencé par une ode contre la guerre et ses tristes répercussions dans un long-métrage aussi triste que poignant, qui souvent marqué les esprits. Il a ensuite continué avec un film dénonçant la forte industrialisation du Japon et la perte des traditions avec Pompoko, mettant en scène des tanuki, des esprits raton-laveurs, devant faire face à la destruction progressive de leur forêt. C’est d’ailleurs ce film qui met en avant l’un des points fort de Takahata, et généralement de l’ensemble de la filmographie Ghibli, à savoir les paysages. Isao Takahata utilise beaucoup de tons brumeux, proches de l’aquarelle, dans la totalité de ses productions et qui accompagnent des personnages aux traits ronds et simples mais très expressifs. L’apogée de son art se retrouve dans le dernier long-métrage qu’il a réalisé et scénarisé, Le Conte de la princesse Kaguya, sans oublier La Tortue rouge qu’il a dirigé en 2016. On y retrouve son amour pour l’aquarelle et l’estampe au travers d’un récit traditionnel simple et touchant qui ravira petits et grands. Mais Isao se distingue de la charte graphique traditionnelle des Ghibli qui est l’un des grands oubliés du studio : Yoshifumi Kondo.

Les oubliés du studio : Yoshifumi Kondo et Hiromasa Yonebayashi

Le premier de ces deux hommes a été animateur clé dans de nombreuses productions des studios Ghibli mais est notamment connu pour le seul film qu’il a réalisé : Si tu tends l’oreille, sorti en 1995. Pourtant son travail se retrouve encore dans les productions actuelles du studio. En effet, c’est lui, en tant que chara-designer, qui a créé la patte visuelle des films Ghibli se retrouvant de Kiki, la petite sorcière (1989) au Le Vent se lève (2013). Son travail a tellement été ancré comme faisant partie intégrante du studio que le second réalisateur, Hiromasa Yonebayashi continue de l’utiliser encore de nos jours.

Hiromasa Yonebayashi, animateur japonais ayant réalisé deux films au Studio Ghibli. Wikimedia Commons, photo de Trajoneta

Ce dernier a commencé à travailler en tant que réalisateur pour le studio Ghibli avec Arrietty, le petit monde des chapardeurs adaptant librement la série de livres Les Chapardeurs de Mary Norton. Hiromasa se démarque du reste de la production pour ses créations très poétiques, mêlant fantastique et vie quotidienne dans des histoires simples et envoûtantes. Malheureusement, son travail chez Ghibli s’est achevé en 2014, tout juste après la production de son second film : Souvenirs de Marnie. En effet, à la suite de ce dernier, Hiromasa quitte le studio. Il fonde alors, avec l’aide de plusieurs collaborateurs tels que Yoshiaki Nishimura, le studio Ponoc signifiant « Minuit » en serbo-croate et symbolisant le « début d’un nouveau jour ».

Les studios Ghibli ont vu passer de nombreux réalisateurs de talent, qui ont tous aidé à forger l’image que nous avons aujourd’hui. Allant de Hayao Miyasaki à Isao Takahata en passant par les réalisateurs du studio Ponoc, tous ont donné vie à ce monument qu’est aujourd’hui Ghibli. Il continuera de nous faire rêver encore longtemps avec les futurs projets de la compagnie ou bien avec la patte « ghibliesque » des productions Ponoc comme Mary et la fleur de la sorcière.

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