Le Classique de la Piété filiale, un modèle de vertu chinoise

Cette semaine, pour continuer la série sur les classiques littéraire, on vous propose de se pencher sur le Classique de la Piété Filiale, qui est l’un des grands textes au fondement de la doctrine confucéenne en Chine !

Une création bien mystérieuse…

Il y a beaucoup de questions concernant l’origine de cet ouvrage : qui l’a écrit ? Quand a-t-il été écrit ?

Les seules choses dont on est certain, c’est son contenu : le récit d’un entretien entre Confucius et l’un de ses disciples, Zheng Zi. Tout au long de celui-ci, Confucius démontre en quoi la vertu de la piété filiale est essentielle. Il explique en quoi le respect des ancêtres et des règles qu’ils nous ont laissées mène au respect du souverain. En somme, Confucius illustre ici comment la société idéale a une structure pyramidale qui est avant tout motivée par le respect de ses propres parents. Celui-ci conduit au meilleur service possible de « L’Homme unique sous le ciel », à savoir le roi, qui dans la conception chinoise est choisi par le ciel.

Quant à la date de création, la citation de nombreux autres ouvrages permet de dater son écriture d’après 400 av. J.-C. . Cependant, il n’existe pas de datation plus précise. Aujourd’hui encore, les sinologues argumentent pour savoir si il a été créé sous les Zhou de l’Est (450-221 av. J.-C.) ou sous les Han de l’Ouest (206-25 av. J.-C.) !

Comme ils ne sont pas d’accord sur la date d’écriture, ils ne s’accordent pas sur l’auteur non plus ! Certains pensent que le Classique de la Piété filiale a été écrit par Confucius lui-même, d’autres pensent qu’il a été écrit par Zheng Zi et d’autres encore pensent qu’il a été écrit par un disciple de Zheng Zi après la mort de celui-ci…

Une grande portée…

Ce sur quoi tout le monde semble s’accorder, c’est l’importance de ce texte. En effet, il compte parmi les textes à connaître pour le concours mandarinal, soit l’examen pour devenir fonctionnaire, et sous la dynastie des Song du Nord (960-1172), il compte même parmi les 13 Classiques de la cour impériale.

C’est d’ailleurs à cette époque qu’est peinte la plus célèbre représentation de ce texte. Celle-ci est réalisée par Li Gonglin (1046-1106), peintre extrêmement prolifique et particulièrement connu pour avoir mis en place la technique du baimiao, qui consiste à mettre l’accent sur les traits de contours uniquement. Il a peint sa version du Classique de la piété filiale en y a ajoutant même ses propres détails !

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Classique de la Piété filiale, chapitre 5 « Des nobles », Li Gonglin, Metropolitan Museum of Art. Domaine Public

En effet, pour cette peinture, Li Gonglin fait le choix de copier des oeuvres  archaïques en séparant les différents chapitres du texte par des illustrations de ces chapitres. Il pratique une calligraphie utilisée par d’anciens peintres, comme Gu Kaizhi. Mais là où l’image dépasse le texte, c’est par le choix d’ajouter des détails qui surenchérissent sur le texte. Par exemple, dans le chapitre 5 « Des Nobles », le jeu des regards permet d’établir une construction pyramidale dominée par l’homme qui trône. C’est la fameuse construction pyramidale prônée par Confucius !

En somme, Li Gonglin, en illustrant ce texte, le transcende. Cette peinture est connue pour être l’un de ses chefs-d’œuvre et a été par la suite imitée par de nombreux peintres, tels Wang Shanggong, qui se sont appliqués à représenter l’importance de la piété filiale.

Confucius
Le Classique de la Piété Filiale, 1593, Wang Shanggong, Metropolitan Museum of Art. Domaine

Pour aller plus loin : 

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