Paul Jacoulet, l’estampe en voyage

Connaissez-vous Paul Jacoulet ? Sans doute pas, et pour cause : cet artiste voyageur a passé la majorité de sa vie au Japon, où il est beaucoup plus célèbre qu’en France, son pays d’origine ! Aujourd’hui, à l’occasion de l’exposition « Un artiste voyageur en Micronésie — L’univers flottant de Paul Jacoulet » au Mans, Tokonoma vous présente ce personnage qui avait un peu la bougeotte…

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Paul Jacoulet, Le Tabouret de porcelaine, Mandchoukuo. Juin 1936, gravure sur bois polychrome, collection musée du quai Branly – Jacques Chirac, don Thérèse Jacoulet-Iganaki

Paul Jacoulet (1896 – 1960) est né en France en 1896, mais dès l’âge de trois ans, il part avec sa famille au Japon. C’est là qu’il passe la plus grande partie de sa vie, et qu’il se forme dans sa jeunesse à la technique séculaire de l’estampe japonaise ukiyo-e. Cette technique si particulière (qu’on vous détaille dans l’un de nos précédents articles) ne le quittera plus, et il saura la pousser jusqu’à une virtuosité impressionnante : certaines de ses estampes ont subi une cinquantaine d’impressions successives, afin d’obtenir ces riches nuances de couleurs…

Si Jacoulet s’attache à cette technique typiquement japonaise, il s’inspire aussi des sujets traditionnels de l’ukiyo-e, ou « images du monde flottant », qui favorisait notamment les représentations de « beautés ». Sa série sur la Chine présente ainsi de multiples portraits féminins, y compris de jeunes femmes issues de minorités ethniques comme les Mandchous.

En effet, c’est avec un oeil de quasi-ethnologue que Jacoulet voyage. De la Mongolie aux îles lumineuses de la Micronésie, il capture dans ses aquarelles, croquis ou estampes des portraits de locaux avec une grande attention pour les détails de la vie quotidienne. Ainsi, lorsqu’il portraiture un jeune Micronésien sculptant une figurine en bois, celle-ci est rendue avec une grande précision, au point que l’on peut la comparer avec exactitude à des figurines bien réelles ! Ces estampes très fidèles sont pour l’occasion teintées des couleurs vives et joyeuses qui rendent comptent de la lumière du Pacifique.

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Paul Jacoulet, Danses d’Okesa, Sado, Japon. Décembre 1952, gravure sur bois polychrome. collection musée du quai Branly – Jacques Chirac, don Thérèse Jacoulet-Iganaki

Bien qu’il ait beaucoup voyagé en Micronésie — en partie à cause d’une santé fragile, que le climat des îles devait améliorer —, Paul Jacoulet a aussi porté une attention particulière aux traditions japonaises, qu’il percevait déjà comme menacées d’une disparition prochaine. Les danses d’Okesa, cérémonie traditionnelle ayant lieu devant la mer, sont ainsi figées dans une estampe dont les gestes et costumes sont si réalistes que l’on peut les retrouver à l’identique sur des photographies.

Mais plus qu’un ethnologue qui rendrait compte de ses observations à travers l’aquarelle et l’estampe, Paul Jacoulet est un artiste accompli, qui a fait preuve d’une grande virtuosité dans sa pratique de cette technique exigeante qu’est l’estampe. Détails et fonds brillants grâce à de la poudre de mica (un coquillage nacré), nuances colorées aussi délicates qu’une peinture, effets de transparence… La beauté de ces estampes fait que ces oeuvres sont aussi agréables à regarder que passionnantes par leurs sujets !

Convaincues par l’oeuvre de Paul Jacoulet ? Courez le découvrir au Mans : l’exposition du musée du Quai Branly – Jacques Chirac « Un artiste voyageur en Micronésie — L’univers flottant de Paul Jacoulet » y est présentée en résidence jusqu’en janvier 2019. Une belle occasion de voyager sans quitter les musées !

 

Photos : Julie Robin

 

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Vue de l’exposition : des papillons du Musée Vert (muséum d’histoire naturelle du Mans) répondent aux oeuvres.

En savoir plus

Découvrez les événements et activités autour de l’exposition sur l’agenda du musée.

Et pour un avant-goût, vous pouvez découvrir la bande-annonce de l’exposition du musée du quai Branly – Jacques Chirac sur cet artiste.

 

Informations pratiques

Carré Plantagenêt – Musée d’archéologie et d’Histoire du Mans

2 rue Claude Blondeau, 72000 Le Mans

Horaires et tarifs sur la page du musée

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