Voyage à travers l’opéra chinois

Aujourd’hui, à l’occasion de l’exposition du Musée de l’Orient à Lisbonne (jusqu’au 31 décembre 2018), consacrée à l’opéra chinois, Tokonoma vous fait découvrir l’un des arts les plus importants en Chine : l’opéra. Un bon moyen de découvrir quelques uns des plus grands mythes et légendes chinois, dont beaucoup ont été illustrés à l’opéra ! Prêt∙e pour une représentation privée ?

L’opéra chinois est né vers la fin du XIème siècle et a connu un âge d’or durant la dynastie Yuan, au XIIIème siècle. Son répertoire est composé d’un vaste panel de mythes et de légendes traditionnels, dont certains sont très présents dans tous les arts chinois. À travers de luxueux costumes et un jeu d’acteur très codifié, ces différentes histoires prennent vie dans un décor épuré et dans une version simplifiée pour en faciliter la mise en scène. Découvrons-en quelques unes…

Chen Shimei

Chen Shimei est un jeune homme qui se rend à la capitale pour passer les examens impériaux, qu’il réussit brillamment. L’empereur lui offre alors sa fille en mariage. Seulement, Chen Shimei est déjà marié à Qin Xianglian et a deux enfants ; toute cette petite famille est d’ailleurs en route vers la capitale, pour rejoindre le jeune fonctionnaire. À leur arrivée, le héros prétend ne pas les connaître et envoie des assassins les tuer. Sa femme, rescapée de cette tentative de meurtre, demande l’aide du juge Bao Gong, qui condamne alors Chen Shimei à mort. La sentence est exécutée, malgré l’intervention de l’impératrice, nouvelle épouse de Chen Shimei.

Cette pièce a provoqué un scandale, et a été réécrite par un lettré pour étouffer l’affaire : dans cette nouvelle version, le héros révèle à la princesse qu’il est déjà marié, et celle-ci accueille la famille à leur arrivée. Un dénouement beaucoup moins tragique !

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Personnages de l’opéra Chen Shimei, Beijing, vers 1970 – 1980, textile et matériaux synthétiques, collection Kwok On. De gauche à droite : Chen Shimei avec un costume de cérémonie mang, le juge Bao Gong avec un costume de cérémonie mang, et Qin Xianglian avec un costume nuxuezi

Le Voyage vers l’Ouest

Cet opéra est inspiré de l’histoire du moine Xuanzang (602 – 664), qui s’est rendu en Inde entre 629 pour y étudier le bouddhisme et ramener en Chine des sutras (textes sacrés du bouddhisme). Cela constituait alors un très long voyage, tant et si bien qu’il a passé seize ans sur les routes ! Son histoire a donné lieu à un opéra relatant son voyage et les difficultés qu’il a pu rencontrer.

Sun Wukong, ou le Roi Singe, y est présenté comme l’un de ses compagnons de voyage. D’après certains chercheurs, il serait en fait la version chinoise de la divinité hindoue Hanuman. Il est aussi un personnage divinisé, et est connu pour posséder des pouvoirs magiques ainsi que beaucoup d’humour. À l’opéra, il est représenté avec un maquillage qui lui est spécifique, et avec un costume jaune pouvant être orné de dragons.

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Personnages de l’opéra Le Voyage vers l’Ouest, Beijing, vers 1980, textile, carton et métal, collection Kwok On. Ici, costume de Sun Wukong.

Au bord de l’eau

Cet opéra est issu du roman du même nom, qui relate les histoires d’une centaine de personnages, qui se rejoignent progressivement au fil de la narration. L’opéra relate ici présenté se concentre sur l’histoire de Wu Song, un jeune homme qui s’arrête dans un village proche d’une montagne, qu’il doit franchir pour poursuivre son voyage. Il court la rumeur qu’un tigre, au sommet de cette montagne, se nourrit d’Hommes… Après avoir beaucoup bu (ce que l’on ne recommande bien-sûr pas !), le héros part affronter le tigre, qu’il vainc à mains nues après un long combat. Cette histoire est donc celle d’un personnage qui se confronte à sa peur… Comme dans le roman, les valeurs guerrières sont mises en valeur. La scène fatidique du combat est représentée sur l’estampe ci-dessous, mais on ne résiste pas à l’envie de vous montrer aussi un charmant masque d’opéra représentant le personnage du tigre !

 

De très nombreuses autres légendes chinoises ont été portées à l’opéra. Mais cet art de la scène peut aussi revêtir d’autres fonctions, notamment selon les régions : ainsi, au Sichuan, le théâtre de masques possède une vocation d’exorcisme… Il existe aussi du théâtre de marionnettes, ou encore le fameux et élégant théâtre de papiers découpés ! Bref, tout un monde d’arts de la scène à découvrir.

 

Pour en savoir plus :

Un aperçu de l’exposition du Musée de l’Orient de Lisbonne sur leur site.

Pour découvrir l’art de la scène japonais, non moins impressionnant, vous pouvez profiter de la programmation « Tous Japonais » du théâtre Chaillot, dans le cadre de Japonismes 2018.

Image de couverture : détail du costume de Guan Yu, personnage de La Romance des Trois Royaumes, textile, fils laminés, matériaux synthétiques, bois, métal, cheveux naturels et papier, collection Kwok On.

Photos : Julie Robin

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