Ito Jakuchu, un excentrique à Paris

Le Petit Palais entre dans la danse de la saison « Japonismes, les âmes en résonance » – que vous commencez à bien connaître grâce à nous ! Pour un mois seulement, et pour la première fois en Europe, il a l’honneur de vous présenter « Le Royaume coloré des êtres vivants », trente rouleaux du XVIIIème siècle, considérés comme les plus grand chefs-d’œuvre de Jakuchu. On vous fait visiter ? 

Ito Jaku-qui ?

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Itō Jakuchū, Vieux pin et paon, 1757-1760, Tōkyō, Musée des collections impériales (Sannomaru Shōzōkan), Agence de la Maison impériale

Bien qu’assez peu connu en France, Ito Jakuchu (1716-1800) est considéré comme l’un des grands maîtres de la peinture japonaise. Il a vécu en même temps que des courants et écoles de peinture parmi les plus célèbres de l’art japonais : l’école du Nanga, l’école de Maruyama-Shijo, l’ukiyo-e ou « images du monde flottant » … Et pourtant, on ne peut le classer nulle part ! Dans un souci d’étiquettes – assez paradoxal – il a donc été classé parmi les excentriques, avec Soga Shohaku (1730-1781) et Nagasawa Rosetsu (1754-1799).

Jakuchu grandit dans un milieu bourgeois, son père est grossiste de légumes et il hérite de l’entreprise familiale. Cependant, il pratique la peinture dès l’adolescence, et se détache de son héritage pour peindre. Sa spécialité ? Le kacho-ga ou peinture d’oiseaux et de fleurs. Il est célèbre de son vivant mais ce n’est qu’après 1788, et l’incendie de Kyoto, qu’il est obligé de peindre pour vivre, jusqu’à sa mort en 1800.

Jakuchu est un fervent bouddhiste et s’inspire surtout de Daiten, un moine du temple du Shokoku-ji. Cette foi, et cet attachement sont d’ailleurs essentiels pour comprendre son œuvre !

Priez pour nous…

L’exposition « Ito Jakuchu, le royaume coloré des être vivants » regroupe en réalité deux séries de rouleaux, trente-trois rouleaux pour être exact. Tous ont été offerts au temple du Shokoku-ji pour la fête de Kannon (Avalokiteshvara), le bodhisattva de la bienveillance, afin de garantir le salut au peintre lui-même, ainsi qu’à son jeune frère décédé quelques années plus tôt. Mais ces deux ensembles ont eu des destins différents : la première série de rouleaux, présentant la faune et la flore japonaise,  équivalent exotique de nos bestiaires médiévaux, est offerte quelques années plus tard à la maison impériale ; tandis que trois rouleaux, présentant la triade de Sakyamuni, à savoir le Bouddha historique accompagné de deux bodhisattva, sont conservées au Shokoku-ji comme images de culte. C’est donc un exploit pour le Petit Palais de réussir à réunir les rouleaux au complet, qui en plus viennent tout juste d’être restaurés !

 

 

Au-delà de la quantité de rouleaux offerts au temple, il y a la question de la qualité : il a fallu une dizaine d’années à Jakuchu pour les peindre ! Tous les milieux ont été représentés, du canard dans la neige au paon sur son pin en passant par les poissons et coquillages, tout y est ! Le but de ce corpus est justement de montrer que la lumière de Bouddha et qu’une possibilité de salut sont présentes dans chaque être vivant, d’où le lien avec le bouddhisme… Soyez attentifs à la variété des couleurs et techniques employées, les mouchetis pour la neige, les traits épais et légers pour les rochers, c’est cette grande maîtrise qui a rendu l’artiste célèbre. De même, perdez-vous dans les peintures, vous verrez comment chaque plume, chaque écaille, chaque pétale est représenté et vous comprendrez pourquoi Jakuchu a été si admiré, même de son temps.

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Itō Jakuchū, Canards mandarins dans la neige, 1759, Tōkyō, Musée des collections impériales (Sannomaru Shōzōkan), Agence de la Maison impériale

Cette exposition, bien que contenue en une seule salle, est peut-être l’une des expositions les plus symboliques de la saison Japonismes. D’une part, elle permet de réhabiliter et de faire découvrir en France un peintre souvent méconnu en exposant ses peintures les plus célèbres pour la première fois en Europe. D’autre part, la visite de l’exposition par le prince héritier, et la bénédiction de celle-ci par les moines du Shokoku-ji montrent que les relations franco-japonaises, qui fêtent leurs 160 ans cette année, sont toujours bien vivantes !

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Itō Jakuchū, Coquilles, 1761-1765, Tōkyō, Musée des collections impériales (Sannomaru Shōzōkan), Agence de la Maison impériale

 

Informations pratiques : 

Ito Jakuchu, le Royaume coloré des êtres vivants,
Exposition du 15 septembre au 14 octobre.

Tarifs :

Plein Tarif : 11€
Tarif réduit : 9€
Gratuit jusqu’à 17 ans inclus

 

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Stephanie dit :

    Merci pour cette belle expo

    J'aime

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