La période Yayoi ou le Japon à l’âge des métaux

Aujourd’hui nous vous invitons à poursuivre notre avancée dans le temps à travers les grandes périodes japonaises ! Après la période Jōmon, c’est parti pour Yayoi !

 

Yayoi en bref

C’est une période qui s’étend de 300 avant notre ère jusqu’en 250 de notre ère. Elle se situe entre les époques Jōmon (néolithique) et Kofun — dont on vous parlera la semaine prochaine, rendez-vous est pris ! Cette époque peut aussi prendre les noms de « début du printemps » ou « ère des migrations de masse ».

De nombreux Coréens migrent effectivement au nord de l’île de Kyushu, apportant avec eux le fer, le bronze et une nouvelle céramique. A l’inverse de nombreuses autres cultures, le Japon n’a donc pas un Âge du Bronze suivi d’un Âge du Fer, mais découvre les deux métaux simultanément ! C’est également durant Yayoi que débute la culture du riz. Se développe dès lors l’agriculture, allant de pair avec un premier modèle de hiérarchie sociale — l’ancêtre du système féodal. Les populations s’établissent donc dans des villages de pêcheurs et agriculteurs, selon des textes chinois datant de la même période.

 

Yayoi – Qu’est-ce qui a changé ?

Quatre points essentiels permettent de déterminer la période Yayoi, et de lui donner ses dates de début et de fin. Du coup, ce sont ces quatre points dont on va parler !

Le premier est le développement de la culture des rizières inondées. Pour ce faire, les populations trouvent une méthode pour s’adapter à la topographie des sols et au cycle des saisons. Un système de canaux est mis en place contrôlant le flux des eaux et l’irrigation des zones de culture ! Oui oui, c’était bien il y a 2000 ans !

Les habitations s’adaptent à l’activité agricole. Comme à Jōmon, elles sont regroupées en villages, mais ici leur plan est surélevé pour ne pas se retrouver inondées avec le riz ! Les villages sont plus peuplés et leur aspect change radicalement lorsqu’ils se dotent de toutes nouvelles structures défensives — car avec l’arrivée du métal viennent forcément les armes et les conflits.

Ce qui nous mène à la métallurgie ! Ce n’est pas seulement le métal que l’on découvre mais aussi la façon de le travailler. Comme vous avez pu le lire plus haut, ce ne sont pas que des outils agricoles qui sont fabriqués mais également des armes. A noter que les objets en bronze servaient pour les rituels, et que pour les objets utilitaires on lui préférait le fer !

yayoi céramique
Jarre à décor rouge et incisions, Ier – IIIe siècle de notre ère, site de Takakura-cho site. Propriété culturelle importante. Musée national de Tokyo.

Le dernier point est l’arrivée d’une nouvelle céramique, importée par les migrations — dont il nous reste peu d’exemples. Le style de poterie n’a plus grand chose à voir avec ce que l’on trouve durant Jōmon et fait plutôt penser aux productions coréennes et chinoises, attestant de contacts entre le continent et le Japon. Un nouveau type de jarre est défini, permettant de cuire les aliments jusqu’à 600°C ! De grandes jarres sont aussi utilisées pour les inhumations, pour en lire un peu plus ce sera dans les prochaines lignes…

 

Objets phares

On conclut cet article en vous présentant quelques objets (ah, enfin !) illustrant et résumant à peu près tout !

yayoi dotaku
Dotaku du Ier siècle de notre ère, provenant du temple Akeshi. Conservée au musée de Kyoto.

Notre premier objet est en bronze ; il s’agit d’une dotaku. Les dotaku sont en fait des cloches, qui n’ont comme en Chine pas de battant. Leur poignée exagérément épaisse fait leur particularité. Ce sont des objets cérémoniels (donc en bronze, vous suivez ?), peut-être associés à des rites agraires. Au fil du temps leur forme évolue et le décor devient plus riche et les anses plus protubérantes. Pour les exemples plus tardifs, on peut y trouver des représentations zoomorphes ou anthropomorphes !

 

 

 

kamekan yoshinogari
Reconstitution d’une partie du site de Yoshinogari, Kamekanboretsu.

Pour reprendre avec la céramique, parlons des jarres que nous avons évoquées plus haut. Les kamekan sont ces jarres-cercueils dans lesquelles se trouvait le corps du défunt. Elles étaient disposées dans des champs funéraires (genre de cimetières), et on a pu en retrouver jusqu’à 15 000 sur certains sites comme Yoshinogari ! Elles étaient marquées par un petit tumulus ou une pierre dressée, mais ce système est rapidement abandonné car il pouvait s’avérer plus coûteux que prévu — pas facile de mettre un corps dans une jarre sans la casser… mais on ne vous met pas au défi !

 

Dans la plupart des cas ces tombes n’abritaient pas de mobilier, mais la hiérarchisation de la société se traduit jusque dans la mort par la présence d’objets en bronze. L’apanage des chefs ! Les personnes les plus importantes dans la société étaient également inhumées sous des tumulus plus massifs. À partir du IIIe siècle de notre ère, ce sont des tertres aux dimensions monumentales qui apparaissent, éloignés des habitations. C’est là le trait essentiel de la culture suivante : Kofun, la période des grandes sépultures. A suivre…

 

En savoir plus :

Christine Shimizu, L’art japonaisFlammarion, 1997.
Hall, Jansen, Twitchett, The Cambridge History of Japan, vol. 1 Ancient Japan, 1988.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Anonyme dit :

    Thankyou so much Allie!! kisses

    J'aime

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