Zao Wou-ki : un art entre la Chine, la France et les Etats-Unis

L’exposition Zao Wou-ki – L’espace est silence se tient au Musée d’Art Moderne de Paris depuis le 1er juin, et jusqu’au 6 janvier prochain. Tokonoma s’y est rendu pour vous ; on vous en parle aujourd’hui !

Ce qui nous frappe ici en premier est le parti pris de l’exposition, qui se concentre sur les grands formats réalisés par Zao Wou-Ki, à partir de son arrivée à Paris. On n’est effectivement pas dans l’idée d’une rétrospective de l’œuvre complète de l’artiste, déjà faite il y a quinze ans au Jeu de Paume ! L’exposition se déroule donc en plusieurs salles s’articulant chacune chronologiquement autour d’une période de sa production artistique, depuis les années 1950. Découvert en Chine en 1946 par Vadime Elisseeff (directeur du musée Cernuschi de 1952 à 1982), il emménage deux ans plus tard en France – et adopte ce pays avec lequel c’est désormais « pour la vie ». Il se tourne alors vers la peinture abstraite (terme que nous employons mais qu’il trouvait impropre), tendance qui s’accentue suite à un voyage aux Etats-Unis en 1957. L’air marin, ça rafraîchit les idées !

 

Nombre de ses oeuvres se parent d’une dimension personnelle : hommage à des proches, des amis ou des personnalités, elles sont des traces de sa vie – littéralement. Quelques rares représentations figurées, que nous vous laissons le loisir de pourchasser à travers les salles, se cachent de ci de là dans les grands tableaux et les polyptyques, à vous d’ouvrir l’œil ! Ceci n’est pas sans rappeler les origines de l’artiste, élevé dans une famille lettrée et versé dans la calligraphie chinoise, la poésie et l’étude des classiques.

 

Le travail de Zao Wou-Ki est effectivement teinté de diverses références, tant entre art oriental et occidental qu’entre différentes formes d’art. On trouve ainsi des œuvres en hommage à d’illustres artistes et amis de Zao Wou-Ki, ou des œuvres peintes faisant appel à nos oreilles et à notre sens de la mélodie – oui oui ! Certaines sont aussi le fruit d’un travail collaboratif avec d’autres artistes, poètes ou musiciens, tels Henri Michaux ou Edgar Varèse.

Tout au long de l’exposition nous évoluons dans un espace très épuré, nous laissant libres de plonger dans la contemplation de chaque œuvre. Parfois de très grand format, elles sont mises en valeur par le vide qui les entoure, nous laissant y voir et ressentir un peu ce que l’on veut… L’espace est silence…

Pour en savoir plus :

  • Michaud F., Verhagen E., Zao Wou-ki, L’espace est silence, Paris-Musée, 2018.
  • Site de la fondation Zao Wou-ki.

Photo de couverture : Zao Wou-ki, Traversée des apparences, 1956, huile sur toile, 97×195 cm, collection particulière.

Texte et photos : Laurie-Anne Tuaire & Camille Bertrand

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