Une nouvelle salle asiatique au musée Antoine Vivenel

Le Musée Antoine Vivenel, du nom de son fondateur, inaugure actuellement l’ouverture d’une salle dédiée aux arts extra-européens, présentant en grande partie de très belles œuvres en provenance de Chine et du Japon dont une armure japonaise, des masques du théâtre Nô, des laques, des céramiques, des ivoires, des cloisonnés…

L’origine de ce fond d’art d’Extrême-Orient doit sa présence à deux hommes en particulier : Antoine Vivenel (1799-1862) et le marquis de Thuisy (1836-1913).

Le Musée est à l’initiative d’Antoine Vivenel (1799-1862), architecte-entrepreneur responsable entre autre de l’agrandissement de l’Hôtel de Ville de Paris. Il a consacré sa fortune à l’établissement d’une collection dont il fait don à la ville.

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Dominique Papety (1815-1849), Portrait d’Antoine Vivenel signant la charte de fondation du musée, vers 1843-1845, huile sur toile, 235×169,3 cm, Musée Antoine Vivenel.

C’est ainsi qu’en 1843 il devint le premier directeur d’un musée d’Etudes rassemblant des œuvres s’étalant de la Préhistoire au XIXe siècle. Son but était de proposer au public compiégnois un accès à la connaissance, en particulier les étudiants. En plus de son musée et en continuité avec l’approche pédagogique proposée par un choix d’œuvres réfléchi en ce sens (maquettes, modèles en plâtres, gravures, peintures, céramiques…), il créa une école gratuite  d’enseignement des arts appliqués ouverte à tous. Les étudiants se voyaient remettre un prix, ainsi qu’un voyage en Italie pour les plus prometteurs. C’est dans cette perspective qu’Antoine Vivenel acquiert également des objets en provenance de différentes parties du monde dont la Chine et le Japon.

Ce premier fond d’art asiatique, assez modeste, se voit fortement agrandi par le legs du marquis Eugène Marie Joseph de Goujon de Thuisy à sa mort en 1913. Collectionneur tout au long de sa vie, on retrouve dans sa collection un certain nombre de pièces chinoises et japonaises dénotant un goût affirmé pour les boîtes en laque mais aussi un intérêt pour les armes qu’il expose alors dans sa bibliothèque.

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Boîte à cendres, XVIIIe siècle, Japon, laque, or et alliage cuivreux, 7,1×5,5 cm, © Christian Schryve/Musée Antoine Vivenel.

Qu’il s’agisse d’Antoine Vivenel ou du marquis de Thuisy, aucun des deux n’a voyagé en dehors de la France. Cependant,  tous deux, par leur fréquentation des marchands d’art, des ventes et des expositions tenues sur Paris, se sont formés sur les arts asiatiques et ont acquis ainsi des œuvres de  belle qualité.

Ces objets sont caractéristiques de ce que l’on peut retrouver dans de nombreuses collections muséales et trahissent une production ou une circulation liée à un marché d’exportation pour l’Europe. En atteste les

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Album de bateaux, XIXe siècle, Canton (Chine), aquarelle sur papier de moelle, 60×23 cm, Musée Antoine Vivenel.

aquarelles sur papier de moelle réalisées à Canton, dans le Sud de la Chine, au cours du XIXe siècle, et uniquement à destination de l’occident. Ici, l’album comporte une série d’aquarelles représentant des bateaux chinois. On peut noter la présence d’un « cadre » en papier bleu autour de la peinture, absent de la tradition picturale chinoise, l’usage ici rejoint une conception occidentale de la peinture visant à délimiter l’espace peint. Détail auquel les artisans chinois ont été attentifs en vu de la clientèle visée.

Ou encore les inrô japonais, ou « boîtes à médicaments », initialement contenant des sceaux, et reliées à un netsuke, pendant sculpté, permettant d’accrocher la boîte, mais aussi des sacoches, à la ceinture. Très souvent séparés lors de leurs ventes en Europe, ils sont particulièrement convoités sur les marchés pour l’exportation durant les XVIIIe et XIXe siècles.

 

 

 

 

L’espace de la salle du musée est organisé de manière à présenter différentes zones géographiques extra-européennes (Japon, Chine, Inde, Iran) dans des vitrines thématiques. Celles-ci exposent des objets sélectionnés parmi les plus belles pièces des collections du musée et nous permettent de découvrir des aspects culturels divers de ces pays.

En savoir plus :

Le Musée Antoine Vivenel se situe à 5min à pied de la gare TER de Compiègne, à environ 1h en train de Paris depuis la Gare du Nord. 

Certaines boîtes en laque japonaises du musée ont été présentées dans une exposition tenue au musée des Beaux-arts d’Arras et au Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse en 2010 :

Geneviève Lacambre, L’Or du Japon : Laques anciens des collections publiques françaises, IAC Editions, 2010.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. MASCLE dit :

    Bravo ! C est génial , j aime beaucoup cette idée d exposés rapides à lire !
    Continuez !

    Aimé par 1 personne

  2. MASCLE dit :

    Bravo ! C est génial , j aime beaucoup cette idée d exposés rapides à lire !
    Continuez !

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