Les daimyo au musée Guimet et au palais de Tokyo

Aujourd’hui s’ouvre l’exposition Daimyo, seigneurs de la guerre au Japon. Cette exposition d’envergure a lieu du 16 février au 13 mai 2018, et se déploie sur trois lieux : l’hôtel d’Heidelbach, le Musée National des Arts Asiatiques – Guimet, et le Palais de Tokyo. Suivez nous, on vous emmène !

Les daimyo, moins connus que les samouraïs qui les servent, sont des seigneurs de guerre japonais, durant la période Edo (1603 – 1867). Durant les XVIème et XVIIème siècles, ils dirigent de nombreuses provinces japonaises. Leur but est d’avoir le plus de terres possible, puisqu’elles sont le moyen de mesurer la richesse… Quitte à s’entretuer ! Le souci ? Après 1610, un apaisement politique fait qu’il n’y a plus de guerres civiles. Les armures deviennent la principale solution restant aux daimyo pour exprimer leur puissance guerrière. Ils investissent alors des sommes folles afin d’avoir les plus belles armures, même si elles sont rarement portées.

https://tokonomamagazine.wordpress.com/2018/02/16/exposition-daimyo-musee-guimet-palais-de-tokyo/
Casque spectaculaire (Kawari kabuto) en fer, avec pinces de homard

C’est à l’hôtel d’Heidelbach, dépendant du Musée National des Arts Asiatiques – Guimet, que vous pourrez rencontrer pour la première fois ces daimyo… Du moins quelques unes de leurs impressionnantes armures ! Cette première partie de l’exposition s’attache à nous faire découvrir la somptuosité de ces ensembles, avant tout conçus pour impressionner l’ennemi et pour représenter symboliquement la présence du seigneur dans son château. On peut y voir les différentes parties qui composent l’armure, et comprendre la valeur symbolique de chacune. Les matériaux employés ont leur importance, et témoignent du faste de ces équipements. Une belle part est également laissée aux masques et aux casques, qui contribuent grandement à l’air féroce de ces guerriers japonais ! Les kawari kabuto, ou « casques spectaculaires », sont un bel exemple de la vocation terrifiante de ces objets : en empruntant des attributs à certains animaux ou chimères, le guerrier acquiert une apparence quasi surnaturelle ! Ils permettaient aussi aux généraux d’être repérés de très loin lors des batailles.

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Armure du daimyo Nabeshima Yoshishige, 4e seigneur de Saga en Hizen, par Miyata Katsudsada, 1707. Fer, alliages, laque, soie cuir. Collection privée

L’armure du daimyo Nabeshima Yoshishige (1664 – 1730 ; photo ci-contre) présente ainsi une combinaison de nombreuses techniques, tels que l’usage du fer, matériau difficile à travailler, et de l’or pour ses bois de cerf stylisés. Chose rare, des impacts d’arquebuse témoignent du fait que cette armure, malgré sa richesse, a bien été testée pour le champ de bataille !

Vous pouvez maintenant prendre la direction du Musée National des Arts Asiatiques – Guimet, à deux pas de l’hôtel, afin de découvrir dans la rotonde du quatrième étage de splendides armures de daimyo, réunies pour la première fois dans un ensemble spectaculaire. Cette salle présente plus particulièrement onze armures en fer laqué, matériau précieux et prisé des daimyo. L’espace circulaire met particulièrement en valeur ces ensembles, et permet de découvrir leurs luxueux détails. Les armures sont présentées exactement comme elles l’étaient dans les palais de l’époque : vides, sur un coffre. Ne manque plus que le tokonoma, alcôve dans laquelle était placée l’armure au-dessus du trône du daimyo !

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Vue d’ensemble de l’installation Le corps analogue de George Henry Longly. Photo : Palais de Tokyo

La dernière partie de l’exposition est à découvrir au Palais de Tokyo, où l’artiste George Henry Longly a conçu autour de plusieurs armures et attributs de daimyo l’installation Le corps analogue. À travers des éléments architecturaux contraints, l’artiste renouvelle notre regard sur ces objets historiques, grâce à une approche fondée sur l’idée de forces faisant pression sur le corps, et provoquant distorsions et oscillations. Une vidéo captée par des robots envoyés dans les profondeurs sous-marines, là où la pression est trop forte pour l’humain, rappelle que de tout temps, l’humain a cherché à créer des extensions à son corps, de l’armure au robot. Les armures, fil conducteur, sont réellement mises en scène au sein même de cette œuvre. On entre totalement dans cette installation, où l’on est sollicité de partout pour nous faire vivre une véritable expérience sensorielle. 

Accessible à tous, cette exposition inédite en tous points, autant par les chefs-d’œuvre qu’elle présente que par son ampleur sur trois lieux, vous permettra de faire connaissance avec les daimyo, ces seigneurs de guerre méconnus, mais non moins impressionnants !

 

Pour en savoir plus :

  • Complétez votre lecture avec l’article de notre partenaire, le journal Florilèges !

 

Informations pratiques :

  • Les trois lieux d’exposition sont accessibles avec un billet unique, au prix de 11,50€ plein tarif ou 8,50€ tarif réduit.
  • La fiche d’exposition du Musée National des Arts Asiatiques – Guimet.
  • La fiche du Palais de Tokyo sur l’installation Le corps analogue.

 

Ariane Da Cunha & Julie Robin

 

Photos : Camille Despré

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